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du souple au rigide en 2 pas

Bonjour à tous, J'ai puisé dans ce forum de bonne infos avant de m'investir dans mon projet "rigide" ,il me semble donc naturel de faire partager mon expérience. J'ai arrêté le delta plus de 20 ans pour cause de famille.J'ai repris le vol d'abord par le parapente et depuis 2 ans , c'est le delta qui me passionne car depuis mon arrêt en 86 les deltas ont bien changé .Et puis le parapente...quand on a gouté au delta ! Pour donner des repères ,je vole plutôt souvent et ce , sous un PAMIR de Bautek ,une aile que j'estime plutôt facile et surtout hyper maniable (en fait très instable ,il suffit de lâcher la barre pour s'en rendre compte ). A la fin du printemps je suis en quête d'un rigide d'occasion.En France , que des annonces d'ailes non révisées et j'habite loin (la corse) ,ça va être difficile .Je trouve finalement mon bonheur chez A-I-R en Allemagne .Un ATOS de 2000 transformé en ATOS V avec voile neuve(je choisi la couleur) et surtout révisée chez le constructeur.Dans les faits ,ils changent TOUS les cables et le textile/sandow ,l'aile est donc quasiment neuve .C'est vraiment pour moi une bonne assurance tranquilité et ce pour guère plus cher qu'une occase ! Livraison en Allemagne ,montage sur place, brin de causette avec Felix ,conseils du maître pour mes premiers vols ,réglages de sangle pour mon Mosquito (avancée d'1,5 cm par rapport au libre )... je trouve même un magnifique harnais "EXPRESS" à ma taille ,la panoplie est complète je peux repartir. Je laisse finalement passer le gros de l'été car chez moi en Corse l'aérologie d'été est plutôt du genre "shaker" et je préfère mettre toutes les chances de mon côté pour mon premier envol en rigide. J'avais initialement prévu de passer quelques jours à Laragne en septembre et de me faire coacher par Bernard (Kurzt) mais il est indisponible .Avec Roger ,un ami deltiste dans le même cas que moi ,c'est à dire un rigide (Phantom) à essayer ,la décision est prise.Direction Castelluccio dans le centre de l'Italie ,la soufflerie géante : à cette époque les conditions sont paraît-il parfaites. Cadre sublime ,sommets arrondis et herbeux ...et vent bien laminaire ,c'est bien comme décrit .Les rigides sont montés à l'abri des voitures et il est temps de se mettre en piste.On marche avec les ailes sur le dos pour rejoindre la partie du déco la plus pentue et l'aile vole déja ,magique et surtout rassurant .Dans de telles conditions le premier décollage est une formalité.L'aile s'autostabilise,se cale d'elle même dans les filets d'air ... 2 pas et on est en l'air ! Dynamique doux et thermiques larges ,la première impression est d'être sur des rails .En effet l'aile va vite et vole seule ,entre 40 et 45 km/h avec un peu volet .Les essais de décrochages montrent clairement que pour la ralentir il faut le vouloir et pousser car le rappel est fort ,c'est très rassurant.Ensuite c'est une gentille abattée (vers 30 /32 km/h) qui suit.Premiers thermiques lentement enroulés ,la vitesse augmente mais se règle et les efforts en latéral on quasi disparu cela donne l'impression de pouvoir voler des heures tout en pouvant affiner son pilotage. Sur la droite le Mont Vettore 2470m (déco à 1500 m) me tends les bras ,c'est parti .Spirales et 8 lents sur les flancs arides.La base des nuages qui carressent le sommet est vite atteinte ,la vue est magnifique, la tension du départ a complètement disparue ,je profite du moment.Bon maintenant il faut redescendre.Je retire les volets,l'aile pique légèrement et se mets à accélérer seule ,déja 50 au badin sans rien faire.Je tire progressivement et là je découvre la magie du rigide .Pendant cette transition je vois plusieurs fois 3 chiffres au badin (max 108 ).L'impression de sécurité à ces vitesses est réelle meme si les passages de thermiques à vitesse élevées donnent des impressions que je n'ai jamais ressenties en delta....oups . La vidéo du 2eme vol montre clairement les plumes qui plient au passage des turbulences. Visiére ou bonnes lunettes obligatoires. Arrive le moment de l'atterro , ici c'est top landing alors on ne va pas se priver de ce privilège.Je n'ai plus fait ça depuis vingt ans mais l'endroit est immense et la contre pente très douce est parcourue d'un petit vent laminaire.Volets tirés à fond ça descend bien et la stabilité en trajectoire lors de la finale est parfaite même si je surpilote un peu.Petit arrondi ... c'est fini , 1 heure de magie que je ne suis pas prêt d'oublier. C'est au tour de Roger et de son magnifique Phantom de se mettre en l'air.Comme pour l'Atos le décollage dans ces conditions est d'une aisance surprenante .Huit larges et prise d'altitude tout se passe bien ,sauf que je le trouve un peu lent....Effectivement au bout de 5 / 10 mn de vol ,virage vent arrière ,passage dans un thermique,vitesse lente ..... et un beau départ en vrille mais heureusement avec du gaz.Roger a été pilote de planeur et sans paniquer , remet l'aile dans le droit chemin .Il en est quitte pour une belle frayeur et va se poser (bien) ,pour se remettre de ses émotions.Un mal pour un bien,dans les prochains vols il se concentrera sur sa vitesse et s'équipera de la sonde ventimètre. Malgrès le peu d'expérience que nous ayons en rigide et aussi le peu de recul il semble que le Phantom est beaucoup plus facile à ralentir que mon Atos (centrage ?) et aussi qu'il est nettement plus maniable (voir instable) et demande donc plus de vigilance.Les vols suivant confirmerons ces impressions .L'Atos est sur des rails,l'inversion de virage est lente (bien 4 fois un Pamir!) mais cette stabilité est aussi plaisante est rassurante.Volant maintenant principalement en Mosquito cette stabilité est un plus que j'apprécie. Petit point de mes impressions après 6 vols (libre est Mosquito)et 10 heures de vol: -le décollage avec du vent laminaire est extrèmement facile est jouissif ,le mot n'est pas trop fort. Il me reste à essayer le déco en libre sans vent ou sur le tremplin de st Hil... mais je suis confiant. -le décollage en Mosquito est aisé : on accélère progressivement en faisant voler l'aile ,quand ça vole on bride un peu et on rend ensuite la main pour monter.En l'air économie de carburant garantie ,rendement oblige.Seul bémol ,la gestuelle de rentrée dans le harnais est à étudier avec patience et pragmatisme tant la place est réduite sous le petit trapèze. -pour l'atterro sans vent (et le Mosquito au fesse) la vitesse est impressionnante (c'est vrai je tire beaucoup) et ça tangente longtemps ...ne pas pousser trop tôt et bien sortir le train (les jambes qui courent).Adepte des PTS ,l'aile est un peu lente à virer mais précise ,il vaut mieux éviter d'improviser au dernier moment. -en vol ,le plaisir est total et toutes les promesses sont tenues,on a l'impression de ne plus descendre et d'avoir agrandi son terrain de jeu par 3.Les passages au dessus de mes potes parapentistes en faisant siffler la machine , c'est du pur bonheur.La traversée de turbulences est plus facile qu'en souple (ici en Corse c'est souvent rock 'n roll ) mais l'engin n'est pas fait pour aller gratouiller dans le fond des combes, c'est une évidence Elle a de toute façon assez de finesse pour s'écarter du relief sans trop y perdre. -On s'habitue vite à la vitesse de vol , quand j'ai repris mon parapente j'ai eu l'impression d'être en montgolfière ,quand sera-t-il de retour sous mon souple? -le choix de l'Atos V est parfait pour moi.Facilité de montage,poids raisonnable,constructeur actif et sérieux ,stabilité et vitesse ,je le répète avec le centrage "usine" il faut vraiment y mettre du sien pour l'amener aux vitesses de décrochage. En conclusion ,le rêve de piloter ses machines à voler que sont les rigides est en train de se réaliser et je souhaite que mon récit servent à d'autres qui voudraient franchir le même pas . Le bonheur de tutoyer les aigles est au bout de la route. Hervé Les vidéos : http://www.youtube.com/watch?v=ETDbWDYTYdU http://www.youtube.com/watch?v=00mWqmNDPWg